Territoires au numéro
Pour réduire au mieux l’impact de nos mobilités sur l’environnement et la consommation d’énergie, il faut jouer sur tous les tableaux : changer les comportements (se déplacer moins souvent, moins loin, avec des modes plus écologiques) et réduire l’impact des véhicules (véhicules plus petits, plus sobres, moins nuisants) pour ceux qui continueront encore longtemps à se déplacer en voiture. Mais il faut avoir en tête les temporalités incontournables de ces changements : développement, introduction de nouvelles technologies et remplacement du parc, restructuration des formes urbaines, mutation des normes sociales, renouvellement des habitudes. Certes, l’action des pouvoirs publics peut favoriser ces changements, mais ceux-ci ne pourront aboutir que dans un consensus et une coopération multi-acteurs, où chacun comprend son intérêt.
« Faire vivre la ville, pour l’instant » aurait pu être le titre de ce dossier. Car, si la ville est un espace que l’homme modèle en un lieu où il tente de vivre, ce sont tout autant des temps, une somme de moments vécus et à vivre. La ville est souvent vénérée comme l’espace de la mobilité et, pourtant, son évolution est le plus souvent lente, empruntée, envasée dans des codes, des réglementations, des rites et des freins culturels difficilement dépassables. C’est pourquoi les événements éphémères qui y ont lieu sont particulièrement remarqués : interventions artistiques, détournements de l’espace public, débats de rue improbables… Toutes ces actions jouent sur le lien inventé, ici et maintenant, entre des personnes qui ne s’y étaient pas préparées. Et l’éphémère ouvre alors des visions de possibles pour réinventer l’avenir de la ville.
Les espaces ruraux sont à la croisée des chemins. Forts d'un renouveau démographique incontestable mais confrontés aux enjeux sociétaux tels que le vieillissement, leur dynamisme économique reste précaire. La transmission d'entreprise apparaît alors comme une solution de taille pour ces territoires en pleine transformation.
Les ressources « immatérielles » des territoires sont innombrables, et souvent peu connues. Le savoir, la connaissance, la solidarité, l’ingénierie, l’environnement, la culture, l’histoire… Pourquoi immatérielles ? Peut-être parce que voilà autant de richesses qu’il est difficile de photographier, de comptabiliser de manière strictement quantitative, de faire entrer dans des bilans économiques. Et pourtant, tout le monde (?) sait que les femmes et les hommes sont les premières et les principales ressources d’un territoire. Gérer et développer les savoirs et les compétences sur un bassin de vie, c’est se donner toutes les chances d’enclencher des dynamiques fructueuses pour les années à venir. Face à des ressources financières publiques dans un drôle d’état, avec désengagement fort et recentrage sur des zones « pilotes », les acteurs locaux doivent miser sur leurs richesses essentielles, humaines. Enfin ?
Inégalité territoriale, inégalité sociale : voici deux sœurs jumelles qui se jouent de l’égalité soit disant républicaine, en se nourrissant l’une l’autre. La lutte contre la pauvreté est menée par de nombreux acteurs (publics et privés), souvent mal coordonnés, répartis à différentes échelles territoriales. Beaucoup d’acteurs locaux sont engagés. Mais lutte-t-on partout à armes égales ? Bien sûr que non : certains territoires concentrent à la fois la plus grande demande d’aides aux personnes, les plus faibles moyens de réponse, et les services publics les plus fragiles. Autre problème : la difficulté d’appréhender la pauvreté, ce que cela recouvre, comme réalité de vie et comme besoin d’accompagnement, ici ou ailleurs. Le tout forme une obligation de politiques locales et sur-mesure : du développement local pour restaurer l’égalité !
Les associations, piliers du dialogue civil sur les territoires, sont bousculées par les instances de démocratie participative.
Associations et pouvoirs publics : le divorce ?
Gros plan sur les liens fragiles qui unissent État, collectivités territoriales et associations.
Gros plan sur les liens fragiles qui unissent État, collectivités territoriales et associations.
Le concept de dette écologique a connu un fort développement à partir des années 90, souvent avec l’idée que la dette financière extérieure des pays pauvres du Sud pouvait être comparée à une dette en sens inverse, la dette écologique des pays du Nord vis-à-vis de ceux du Sud. Présentation du concept, des enjeux et des débats que soulève cette notion.
L'intégralité du numéro est téléchargeable au format pdf 3,4 Mo ou 6,6 Mo. Pour y accéder, cliquer sur "en savoir +".
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Variables d'ajustement du marché de l'emploi, stigmatisés dans l'accès au logement, les jeunes sont les premières victimes d'une crise à son paroxysme. Une situation qui remet en cause le processus d'autonomisation et qui révèle la nécessité de développer l'accompagnement des jeunes dans l'accès au logement.
La démocratie locale régresse. Corruption, conflits d'intérêts et lobbys s'y enracinent et sévissent, par un délitement culturel et institutionnel. D'où la nécessité de faire "campagne" contre ce fléau, d'informer, de former des citoyens et des élus à lui résister et d'entreprendre la refondation d'un modèle intelligent d'élaboration des politiques publiques.
Les élus ruraux sont méconnus. Drôle de paradoxe qui fait que 500 000 personnes passent incognito au beau milieu de notre société de transparence, alors même qu’ils font partie d’un pan de la société dont le haut de la hiérarchie est 24h/24h sous les feux de la rampe : le monde politique. Ce sont les « amateurs » face aux professionnels, souvent « apolitiques » (en fait « apartidaires», nuance) face aux acharnés du pouvoir. Le vote rural lui aussi est méconnu : comment se présente-t-on, comment fait-on campagne et sur quels critères est-on choisi ? L’extension des paysages périurbains, enfin, là où les citadins viennent à voter en s’installant dans des communes de moins de 3 500 habitants, consacre-t-elle un choc culturel entre électeurs urbains et système de vote villageois ? Comme on le verra dans ce dossier, l’apprentissage des subtilités du panachage peut être dur… Ce dossier n’aurait pu voir le jour sans un partenariat avec le Centre d’études de l’Europe latine de Montpellier, qui a organisé un colloque en avril 2008 : « Battre campagne : les élections municipales en milieu rural », sous la coordination d’Aurélia Troupel et Sylvain Barone ; et qu’il a été construit avec la complicité de la rédaction de Transrural initiatives.
Catégories populaires, jeunes, femmes avec enfants, immigrés, non-diplômés, les grands absents des instances participatives ont tous en commun une forte dose de fragilité sociale et d’être déjà les laissés-pour-compte de la démocratie représentative.
Est-ce à dire que la participation n’a pas réussi à créer le lien manquant entre dirigeants et dirigés, administrateurs et administrés ? À pallier les carences d’une République souvent excluante pour ceux qui n’en manient pas les us ? Ou, de manière plus complexe, que la démocratie participative doit, encore et encore, peaufiner ses méthodes, affiner ses objectifs et, surtout, prouver sa capacité de transformation, pour prétendre composer avec tous les citoyens ?
Est-ce à dire que la participation n’a pas réussi à créer le lien manquant entre dirigeants et dirigés, administrateurs et administrés ? À pallier les carences d’une République souvent excluante pour ceux qui n’en manient pas les us ? Ou, de manière plus complexe, que la démocratie participative doit, encore et encore, peaufiner ses méthodes, affiner ses objectifs et, surtout, prouver sa capacité de transformation, pour prétendre composer avec tous les citoyens ?