Participations citadines et action publique
Dakar, Rabat, Cotonou, Tunis, Jérusalem, Sanaa.
Sous la direction d'Olivier Legros,
Adels/Yves Michel, 300 pages, avril 2008.
Au Sud comme au Nord, la participation fait aujourd’hui partie des grands principes des politiques urbaines. Si l’Amérique latine et des villes comme Porto Alegre ont joué un rôle pionnier dans le développement de la démocratie participative, il faut également tenir compte d’autres régions, telles que le continent africain, le Proche et le Moyen-Orient, qui ont moins retenu l’attention des spécialistes jusqu’à présent. L’impératif participatif y est pourtant de plus en plus prégnant du fait des directives des institutions internationales et, selon les pays, des progrès de la société civile. Mais que signifie " participer à l’action publique " pour des individus, des citadins en l’occurrence, qui ont été longtemps tenus à l’écart des politiques urbaines ? S’agit-il seulement d’intégrer les dispositifs participatifs mis en place et contrôlés par les institutions ? Loin de rester inactifs, les citadins d’Afrique et d’Orient multiplient au contraire les initiatives, le plus souvent en marge des cadres officiels. Faisant acte de résistance, voire de désobéissance quand leurs intérêts sont menacés, ils cherchent aussi à négocier l’accès aux biens publics avec les institutions. Les politiques participatives sont donc loin d’épuiser les possibilités d’action collective. Qu’elle prenne la forme de pratiques imposées par les organismes internationaux, de mobilisations locales ou de négociations informelles, la participation des citadins du Sud à l’action publique mérite d’être mieux connue, pour faire avancer la réflexion sur le gouvernement des villes et sur la démocratie locale.
Olivier Legros, géographe, est maître de conférences à l’université François-Rabelais de Tours. Ses recherches portent sur les relations entre les politiques urbaines et les dynamiques sociales dans les quartiers populaires de Dakar et de Tunis. Il fait également partie d’un collectif, le réseau citoyen " Pont-aux-Oies ", qui agit auprès de réfugiés Roms originaires d’ex-Yougoslavie, demandeurs d’asile en France et installés à Tours.
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